EXTRAIT DE PICASSOLAIRE 

"...Il est de bon ton de déranger la figure du maître du haut de son piédestal, de lui prêter une imposture qu'il n'a pas, de lui trouver des postures d'idolâtré ou de grand tyran aux pattes velues prêt à rouler ses innombrables mandibules dans la tendre chair de l'histoire de l'art. Picasso est un puit sans fond, son olive noire où tremble fiévreusement son iris coule allègrement dans ma tasse quotidienne, portant ainsi à mes lèvres ce cosmos envoûtant..."

Texte/AnthonyPERROT©.2017

 

 

  

 

 

 

EXTRAIT DE MON POÈME SUR DANTE

 

"...Ô Dante! De ton Enfer tous s'attirent,

Tu es le Saint moyeu où tourne cette humaine comédie,

Le bronze coule sous le pétard du malin

Et fait un grand bain à l'humus putride

Où ''coeurs vaillants'' et ''lâches satyres'' se noient..."

 

 

 

Poème - AnthonyPERROT©

 

 

EXTRAIT DE "LE SACRIFICE D’ANDRÉ SUARÈS"

 

"...Il marche à travers la bruine opaque de la solitude et rejoint l’humble diligence qui l’attend, secrètement immobile et hors du temps. Il pose sa bottine sur le marche pied, soulève sa cape d’hermine et ajuste les rebords fiévreux de son large chapeau noir. L’oeil profond, il médite. Un instant et il évanouie son être dans la sombre cabine boisée, pas une brindille de lumière venant éclairer sa mélancolie, tout est serein, l’atmosphère se tranquillise d’une telle présence. Le poids sérieux de sa stature fait arrêter le souffle malade du cocher, celui-ci opine de la tête, le départ vers l’inconnu est imminent. Il y a quelque chose qui bruisse tout autour, une sorte d’absence qui se manifeste, un austère tumulte du néant, l’arrivée de l’oubli, sans doute. Car notre homme se prépare à l’oubli, l’indifférence auquel le monde même d’aujourd’hui s’est fait un plaisir tortueux d’entretenir, et il opère dans l’être son odieux vacarme, il met à sac son nom même..."

 

AnthonyPERROT©

EXTRAIT DE MON TEXTE SUR PAUL BOCUSE

 

 

"...Ce n’est pas Bocuse que l’on vient d’enterrer mais une part de la France que l’on enterre, et elle n’est pas dans son assiette. Le petit peuple des rues était là, mais pas la termitière, lui préférant honteusement l’âne Hallyday. L’on ne donne pas du bar en croûte de génie à la tourbe mal dégrossie que sont les absents, ceux-là n’ont que faire du sublime. Le bain lacrymal est tout juste rosé, la perle triste balsamique des regards orphelins tombe sur le pavé de la cathédrale, la solennité mijote dignement, la procession est aussi lente et habile que la main du sommelier caressant son divin nectar. L’ivresse d’honneur est à son comble, un millier de chefs en guise d’armée suivent d’un seul regard tremblant le géant qui défile..." 

 

 AnthonyPERROT©

EXTRAIT DE "MOI DE SAINT-JACQUES"

"...Ce n’est pas un mets à la noix et je le connais sur le bout de mes phalanges distales. Ma drague* visqueuse buccale plonge dans les eaux des Côtes-d’Armor et le palan mouline jusqu’à hisser son parfum iodé jusqu’en mon colimaçon intestinal. Il est l’empereur des abysses des côtes Bretonnes, sa gueule entrouverte est un clitoris gourmand face au marin-pêcheur, personne ne lui résiste. Je suis son plus proche frère au Saint-Jacques, tout comme lui je protège mon être intime sous une coquille et, sentant le danger venu de l’extérieur mes valves claquent des cymbales et m’extirpent loin du trépas..."

 

AnthonyPERROT©

 

EXTRAIT DE "LE SECRET DE REMBRANDT VAN RIJN."

"...L’hiver a comme taillé dans le flanc du paysage un glacial baiser, Amsterdam neigeux semble s’épaissir sous mon regard, j’arrive à cheval et, soudain, m’arrête à la vue d’une lueur étrange. Mon pied est sur l’étrier, et, soulevant ma cape d’hermine d’un revers de main ganté j’aperçois dans l’âtre royal à travers l’épais vitrage hivernal, un homme, affairé au maniement du fleuret, mais une arme à poil, dont le manche est en bois, c’est le pinceau du peintre! Mais qui peut bien être cette obscure barbaque auréolée d’un béret au velours si bien ajusté ? Mais, c’est Rembrandt, oui! C’est bien lui. Et je ne puis contenir mes poings d’aller frotter mes yeux ahuris, restant ainsi aussi figés que les stalactites pendues sous ma moustache..."

AnthonyPERROT©

 

EXTRAIT DE "TOPOR, MÊME PAS MORT!"

"...Il est si loin le temps des éclats zygomatiques où le maxillaire explosait dans l’arène Parisienne, et pourtant, il est toujours présent, éternel cadeau ce Roland. Je vous l’dis, son encre est tapis dans l’ombre, elle bondit à la rétine du premier venu, et lui dégobille tout un attirail d’entrailles et de victuailles, elle retourne l’estomac d’la tête et fait rêver à des cieux plus drôles, plus gourmands. J’ai des relents de Roland à la bouche, son rire dépasse un peu, à la commissure des lèvres, vrai, il a bon goût le Topor, pas faisandé du tout, la meilleure boustifaille du globe, du génie en tartine, bien étalé sur mon pain, l’ami dort lové dans la mie..."

AnthonyPERROT©

EXTRAIT DE "À corps ouvert"

"...La nuit est sous cellophane, M’sieurs Dames !
J’ai la viande qui colle au firmament, sangsue saignante,
Et je baigne salement dans mon jus cosmique, belle et vaste étuve vermillon
Où glougloute toute une marée nauséeuse, putride salade composée, vinaigrette stomacale, me voilà nu, décalottée l’âme, la verge ectoplasmique à l’air !
Faut se présenter déplumé, tel quel, dans l’assiette céleste, parfumé d’asticots le long du rafiot décomposé, se montrer affable, se costumer morbide, tromper la mort, dépasser ses rodomontades cadavériques !
Mon coeur palpite hors sternum, il pend comme un fruit, prêt au becquetage
Des plumés à pattes griffues, la rue ronronne de ce tapage farfelu,..."

 

 AnthonyPERROT©

EXTRAIT DE "Marine à voile"

"...Je souhaite que l’on burine dans le paysage nos pérégrinations poétiques, d’ériger hors des vallons de l’Allier les formes de notre pensée aux altières considérations et, par la puissance du plus appliqué des pinceaux peindre des colonnades de jouissance. Nous allons nous faire avaler par les églises romanes, tâter de la pierre d’ocre, fouler le royaume mystique où sent bon l’apesanteur de nos pas feutrés sur le dos des dalles taciturnes. Baiser les pieds d’un Rimbaud en croix cloué dans son extatique pose d’ange lunaire, sa couronne d’absinthe mordant son crâne de génie, et lui soutirer ses plus beaux songes, en lui murmurant que les aubes nous serons comme des liqueurs nouvelles, des parfums enivrants de soleils vermeils..."

 

AnthonyPERROT©

EXTRAIT DE "DIVINE MARINE"

"...Chérie, tu es comme une cathédrale, tu sembles pousser jusqu’au ciel, l’élancement de ta beauté est sans fin, ce n’est pas le soleil qui y culmine, mais ton âme. Mon regard escalade ton corps comme le fier ouvrier du moyen-âge sur son édifice, des pieds à la tête, le plaisir me montant au nez je sens que s’arc-boutant contre moi tu t’étires puis te retires, me laissant bouillonnant d’euphorie. Voici ton portrait qui sied bien à ta majesté:..."

 

AnthonyPERROT©

EXTRAIT DE "Marine, mon fort marin !"

"...Tu es dans mon âme comme le corail est installé sur les hanches des côtes, créature divine pralinée, délicieuse femme ! Tu es mon ambre étincellement auquel je me pare l’esprit, tu es l’élan vital de mes fibres, tu fais vivre de concert tout le végétal de mon être, je pousse par ta lumière !..."

 

AnthonyPERROT ©

L'intégralité d'un texte peut être disponible, au format PDF, en me le demandant à cette adresse mail: anthonyperrot67@protonmail.com