"À l'espée le poète veillera"

DESSIN EN COURS...⚜️

 

SOVERAIN POETE

 

La France n'a d'esprit qu'en une & puissante Demeure : Celle du Poëte.

Seul maîstre de la nuance à bord de son verbe, toujours haut & soverain.

Si l'Art lui est écarté l'homme vire à l'insecte, celui-là n'est qu'un atlas borné

dont les frontières sont ouvertes à la négation. Il tourne alors autour de la

vacuité, ce visage est fendu d'un triste présage, et s'il continue, il viendra

s'y tordre des cieux ardents où l'ombre étendra son empire.

 

La France brûle, la Nef en pleurs a pris racine dans l'heure suprême,

celle qui précède la ruine. Nostre-Belle-Dame de l'Île de la Cité saigne d'un

feu vermeil, la fumée y est comme un linceul recouvrant l’hexagone cuisant.

Elle est le bourgeon qui s'ouvre sur la Rose céleste, fleur Éternelle où résident

les mémoires de la grandeur. Une pierre de taille ciselée d'Amour parle plus

qu'un homme dont l'ignorance est, de taille. La démagogie & l'absence d'esprit

de nuance est l'Empire des faibles, beaucoup y sombrent & prestement. L'échine 

du faible est pliée dans l'axe de la servitude, elle est un angle droit où sa pensée,

déchoit.

 

Que l'on me tue, s'il le faut, mais debout je meurs. Il vaut mieux avoir raison, seul,

qu'avoir tord, en meute. Les flammes rient comme des hyènes sur un bien triste repas,

grignotant les siècles, jusqu'au trépas. J'aiguise mon Cœur pauvre sur le tranchant de

mon espée, elle-même battue par le fer rouge de l'honneur. Rien n'ébranle le preste

chevalier à la plume d'acier, à cheval sur les houles vengeresses et le regard déchirant l'horizon.

 

Pauvre ou riche, la mort s'en cure le nez. La pelisse en majesté, le riche n'est qu'un âne

cousu d'Or, vieille harde râblée, ainsi le pauvre vêtu. Le temps fait son Office: nul

n'échappe au supplice, l'un & l'autre gravissent les boiseries sinistres où le coir tressé du

gibet attend de leur briser la nuque. Rufins à cols blancs, peuple sans fifrelin, échalas & vermisseaux,

maigriots & dondons, tous égaux dans l'obscure bétoire de l'humaine condition. Et c'est avec le cœur aisé & une maigre

bourse que je m'en irai, étant devenu barbon, l'esprit vaste & sans bruit, rejoindre le doux frisson ailé de la nuit.

Immortelle demeure du Poëte à qui vient y poser, pipe au bec, sa dernière bouffée.

 

Poëme - AnthonyPERROT © 2019.

 

À L’ESPÉE, LE POËTE VEILLERA,
AU LYS, IL SE FERA ROY,
CAR DE SES VERS, TOZDIS IL EST SOVERAIN.
(À l’épée, le poète veillera,
Au Lys, il se fera Roi,
Car de ses vers, toujours il est souverain).
-Dessin en cours de travail-
Dessin à l’encre noire « Rohrer & Klingner »
Velin Johannot Arches – 75% coton
310 g/m2 - 56x76cm
AnthonyPERROT© - 2019.